579 000 euros d’indemnisation pour Christian Iacono

Christian Iacono touchera 579 000 euros pour les préjudices subis dans l’affaire qui porte son nom

La cour d’appel d’Aix-en-Provence vient de rendre son verdict dans le cadre de la demande de réparation financière formulée par les avocats de Christian Iacono. 579 000 euros seront versés à l’ancien maire de la ville de Vence, pour les différents préjudices qu’il a subi lors de ses ennuis avec la justice, avant d’être finalement reconnu innocent en 2015.

L’affaire commence dans les années 2000, quand Christian Iacono se voit accusé de viols par son propre petit-fils. Ces viols auraient eu lieu à plusieurs reprises entre 1996 et 1998 alors que le garçonnet avait moins de 10 ans.

379 000 euros pour Christian Iacono

Cour d’appel d’Aix-en-Provence. Crédit : TouN

En 2009, Christian Iacono se voit condamné à la prison pour viols. Peine confirmée en appel en 2011, où il écope de neuf ans d’incarcération. Christian Iacono a effectué 16 mois derrière les barreaux, quand à la surprise générale, son petit-fils et principal accusateur se rétracte et affirme avoir menti depuis plus de dix ans.

Sa condamnation a été annulée en 2014, avant qu’un nouveau procès ne confirme définitivement son innocence en mars 2015, malgré les doutes encore présents chez plusieurs experts et même l’intime conviction de l’avocat général quant à la culpabilité de Christian Iacono.

Plus d’un an après la reconnaissance de son innocence, Christian Iacono se voit attribuer 579 000 euros en réparations de préjudice subis. Sa femme et son fils toucheront 50 000 euros chacun et son frère touchera 30 000 euros. L’ancien maire de Vence aujourd’hui âgé de 81 ans demandait plus de 2 millions d’euros.

L’an dernier, le docteur Muller recevait 367 551 euros de réparation pour les 600 jours passés en prison pour le meurtre de sa femme, avant d’être reconnu innocent. En 2014, c’est Marc Machin qui se voyait indemnisé à hauteur de 663 320 euros pour ces six années passées derrière les barreaux pour un meurtre qu’ils n’avaient pas commis.

En fin d’année dernière, Abdelkader Azzimani et Abdelrrahim El Jabri recevaient environ 500 000 euros chacun pour plus de dix ans passés an prison pour un crime qu’il n’avaient pas commis. Une somme bien inférieure qui avait été motivée par le tribunal par le fait que les deux hommes possédaient déjà un passé judiciaire chargé avant l’erreur judiciaire qu’ils ont subie.

Dominique Roméo, l’avocat de Christian Iacono a reconnu « une cohérence avec la jurisprudence même s’il y a peu d’affaires comparables avec celle de M. Iacono », rappelant que « En 2010, le montant de l’indemnisation pour Loïc Sécher, accusé lui aussi à tort de viol sur mineur, était proche des 800.000 euros »

Deuxième semaine du procès de Daniel Legrand dans l’affaire d’Outreau

Que faut-il retenir de la deuxième semaine de procès de Daniel Legrand en tant que mineur dans l’affaire d’Outreau ?

Écourtée d’une journée avec le lundi de Pentecôte, la deuxième semaine du procès de Daniel Legrand dans l’affaire d’Outreau vient se de terminer. Elle aura notamment été marquée par la venue à la barre des quatre personnes condamnées dans cette affaire de pédophile, dont notamment les parents Thierry Delay et Myriam Badaoui.

Le premier des quatre coupables dans l’affaire d’Outreau à être entendu au premier jour de la deuxième semaine est Thierry Delay. C’est le père de trois de quatre enfants du couple sur lesquels ont été commis les viols et le plus lourdement condamné dans l’affaire il y a dix ans.

  • Les quatre unanimes sur l’absence de Daniel Legrand lors des faits

deuxième semaine Daniel Legrand Outreau

Mairie d’Outreau
Crédit : Bateloupreaut

A la question du président « Est-ce que le nom de Daniel Legrand vous dit quelque chose ? » Thierry Delay répond par la négative. A propos des viols, lorsque le président demande « Qui d’autre était présent? » Thierry Delay répond « Myriam Badaoui, David Delplanque et Aurélie Grenon »

Le lendemain, la deuxième personne à venir à la barre répondre aux questions du président et des avocats est la très attendue Myriam Badaoui.

Première question du président : « Connaissiez vous l’accusé Daniel Legrand avant les faits qu’on lui reproche ? » Myriam Badaoui répond par la négative comme son ancien mari. La président, en continuant ses questions simples mais directes, demande « vous avez mis en cause d’autres personnes. Avez-vous menti ou dit la vérité ? ». Myriam Badaoui répond « j’ai menti. » Comme son ex-mari, à la question sur le viol de ces enfants « il y avait d’autres personnes? » Myriam Badaoui répond « non ».

Pour tenter de justifier ses mensonges qui ont conduit à inculper tant de personnes dans l’affaire d’Outreau au début des années 2000, Myriam Badaoui ne ménage pas le juge Burgaud « Quand j’allais dans son sens, ça allait mais sinon, il criait » ou encore « quand je voulais revenir sur mes déclarations, il me disait que j’étais menteuse, que je partirais pour 20 ans et que je ne reverrais plus mes enfants ». Myriam Badaoui se montre encore plus explicite en déclarant « lorsque je disais la vérité, le juge n’était pas content. Il tapait du poing sur le bureau. »

Viens le tour d’Aurélie Grenon, qui a fait connaissance de couple Delay-Badaoui « au milieu de l’année 1998 ». Comme ces derniers, elle annonce à la barre « Je ne connais pas monsieur Legrand, je l’ai accusé à tort, il n’avait rien à voir dans l’histoire ». Le reste de son audition est jalonné de nombreux « Je ne sais plus », même quand il s’agit de se rappeler à quelle peine elle a été condamné dans l’affaire d’Outreau.

Le dernier des quatre condamnés à intervenir dans cette deuxième semaine de procès est David Delplanque qui annonce la couleur dès sa première intervention « Monsieur Daniel Legrand n’était pas dans l’affaire. Je n’ai plus rien à dire ». Il déclare à son tour que seuls les enfants du couple Delay-Badaoui ont été victimes de sévices sexuels.

Affaire d’Outreau : Le nouveau procès de Daniel Legrand

Aberration procédurale pour certains, moment où la vérité éclatera enfin pour d’autres, le 19 mai 2015 débute le nouveau procès de Daniel Legrand fils dans l’affaire d’Outreau.

Daniel Legrand fils, comme son père dont il porte les mêmes nom et prénom, fait parmi des 13 personnes inculpées puis innocentées dans l’affaire d’Outreau, cette terrible affaire qui a marqué à jamais la justice française au début des années 2000.

C’était le plus jeune de ces 13 personnes qui ont été jugées dans cette affaire. Il fut condamné à trois ans de prison au procès de Saint-Omer en 2004 alors que l’accusation s’était écroulée en plein milieu des débats avec les rétractations de la principale accusatrice, Myriam Badaoui. Il dut attendre fin 2005 pour être définitivement acquitté.

Définitivement ? Pas si sûr. Car par le biais d’une subtilité de la justice, Daniel Legrand fils va être rejugé à partir du 19 mai 2015 pour les faits commis à Outreau, cette fois ci en tant que mineur au moment des faits. En effet, une partie des événements qui ont eu lieu à Outreau s’étant passé quand Daniel Legrand fils n’avait pas 18 ans, seule une cours d’assises pour mineurs peut le juger pour cette période, ce qui n’avait pas été fait.

  • Que faut-il attendre du nouveau procès de Daniel Legrand fils ?

daniel legrand fils

Daniel Legrand fils

Étant donné le traumatisme qu’avait engendré l’affaire d’Outreau, à l’issue de laquelle le ministre de la justice et le président de la république française avaient présenté des excuses, beaucoup pensait que, bien que techniquement possible, ce procès devant une cour d’assise pour mineurs n’aurait pas lieu.

Cependant, une association de protection des enfants a demandé d’aller au bout du processus judiciaire. Bien qu’ayant été reconnu innocent pour les mêmes faits en 2005 en tant qu’adulte, Daniel Legrand fils sera donc jugé, à partir du 19 mai 2015, devant la cour d’assises des mineurs de Rennes.

Procès pour la forme, inutile et blessant pour Daniel Legrand fils ? Ou procès au cours duquel des révélations inédites ou des rebondissements surgiront et éclaireront d’un nouveau regard cette affaire ? 15 ans après les faits, l’affaire d’Outreau n’a pas fini de faire parler d’elle