Meurtres de Montigny-les-Metz, Henri Leclaire renvoyé aux assises

Les juges d’instruction ont finalement décidé de renvoyer Henri Leclaire devant les assises dans le cadre du double infanticide de Montigny-lès-Metz en 1986

L’affaire du double meurtre de Montigny-lès-Metz va-t-elle de nouveau subir un rebondissement ? Les juges d’instruction ont en effet décidé de renvoyer Henri Leclaire devant les assises, et ce, contrairement à l’avis du parquet de Metz qui préconisait un non lieu.

Cette décision est la dernière en date dans cette affaire qui a débuté il y 30 ans, par la découverte du corps sans vie de deux garçons de 8 ans, près d’une voie ferrée dans la banlieue de Metz.

Henri Leclaire

Henri Leclaire en 2014

Patrick Dils, alors âgé de 16 ans, fut inculpé et condamné à la prison en 1989 avant que son innocence soit reconnue en 2002, après 15 ans passées derrière les barreaux. Ceci constitue l’une des plus importantes erreurs judiciaires jamais reconnue en France

L’innocence de Patrick Dils a pu être mise en évidence lorsqu’il fut confirmé la présence de Francis Heaulme, le tristement célèbre tueur en série, le jour du meurtre à Montigny-lès-Metz.

Pourtant, en 2014 lors du procès de Francis Heaulme, les soupçons virent à se porter sur un autre homme, Henri Leclaire. De nouveaux témoignages, rendus possibles par la médiatisation de l’affaire, incriminait un autre homme que Francis Haulme. Ils semblaient désigner Henri Leclaire.

Ce dernier s’était alors montré confus dans ces explications. D’autant qu’il avait été inquiété en 1986 et avait même avoué les meurtres avant de se rétracter. Il avait alors été mis hors de cause lors de l’enquête, avant que l’affaire soit « conclue » par la condamnation de Patrick Dils.

La décision de renvoyer Henri Leclaire devant les assises pour ce double infanticide ne change rien au statut de Francis Heaulme, qui reste mis en examen pour la même affaire.

Meurtre du parking des italiens : une erreur judiciaire ?

En mars 2012, Sébastien Malinge a été condamné à 30 ans de réclusion criminelle pour le meurtre « du parking des italiens », mais des zones d’ombres subsistent….

Le 28 novembre 2010, Michèle Martinez, 66 ans, était retrouvée assassinée de manière effroyable sur le parking des italiens, à Avignon. Son visage avait été frappée à coups de pierres et un tournevis avait été enfoncé dans son crane. Des analyses montrent la présence de l’ADN d’un certain Sébastien Malinge sur les vêtements et les doigts de la victime ainsi que les empreintes sur le tournevis qui a servi à achever la vieille dame. Ce dernier est alors arrêté et inculpé dans ce qu’on appellera dès lors le « meurtre du parking des Italiens ».

Sébastien Malinge a depuis le début nié les faits. Lors de son audition et du premier procès, il fit plusieurs étonnantes révélations qui n’ont pas semblé convaincre les jurés face aux éléments à charge que représentaient les analyses ADN. Il fut condamné à 30 ans de prison le 21 mars 2012.

parking des italiens

parking des italiens
Crédit : Marianne Casamance

Plusieurs points sont encore flous dans cette affaire « du parking des italiens », ce qui a laissé un sentiment d’inachevé aux observateurs lors du premier procès. Sébastien Malinge fit appel de son jugement, ouvrant droit à un nouveau procès initialement prévu en juin 2013 à Nîmes, mais qui fut reporté suite à une demande de supplément d’information.

Dans le premier procès, les certitudes liées à l’ADN ont primé par rapport aux révélations sur les relations entre l’accusé et la fille de la victime. En effet, l’accusé entretenait des relations étroites au moment des faits avec Marianne Di Nicola, la fille Mme Martinez sans qu’il sache les liens de parenté qui unissaient les deux femmes, ce qu’il découvrit lors de son ordonnance de mise en accusation. D’après l’accusé, sa relation avec Mme Di Nicola n’était qu’un plan sexuel. De son côté, entendue à huis clos, Marianne Di Nicola confirma qu’elle avait une relation de quelques mois avec Sébastien Malinge. Pourtant, elle est en désaccord avec ce dernier sur les dates et la durée de la relation.

L’accusé ne nie pas être venu plusieurs fois au domicile de Marianne Di Nicola et y avoir bricolé avec un tournevis pendant un certain temps. Cependant, selon lui, il arrêta d’y venir avant que la mère de Mme Di Nicola ne décida d’habiter chez sa fille. Sébastien Malinge et Michèle Martinez ne se seraient donc jamais rencontrés. C’est la raison pour laquelle les avocats de l’accusé, Me Guenoun et Me Billet, épaulés par Me Expert et Me Mestre, envisagent l’hypothèse d’un possible « transfert d’ADN ». Ils ont alors engagé un expert en ADN pour analyser le tournevis avec lequel Sébastien Malinge bricolait. Le but est de savoir s’il y a bien eu transfert d’ADN de cet outil vers le corps de la victime et l’arme du crime. Lors du procès, l’expert s’est montré sceptique.

Selon la famille et les amis de Sébastien Malinge, qui ont créé un blog recensant les « zones floues » dans l’affaire du parking des italiens, la fille de la victime, absent au moment du procès, devrait être réentendue. Les avocats de la défense ont également demandé des expertises dans son appartement. Parmi les points flous, on peut citer les suivants : Le fait que Sébastien Malinge ait invités les policiers de visionner les images de la caméra de surveillance du parking des italiens au moment des faits, le silence de la fille de la victime sur sa relation avec l’accusé, l’itinéraire inhabituel de la victime ce matin-là, les doutes sur l’heure officielle de découverte du corps au parking des italiens, l’absence de l’ADN de Sébastien Malinge sur des rochers ayant également servi pour tuer la victime, etc.

Selon Me Guenoun, l’avocat de Sébastien Malinge, « L’enquête policière a été privée d’une partie de l’information qui est capitale ». Il a également affirmé, lors de sa plaidoirie, que la victime « menait une vie très dissolue », en évoquant ses rencontres via des sites Internet qui auraient pu lui occasionner une mauvaise rencontre.

Une demande de remise en liberté pour Sébastien Malinge a été refusée en février 2104 alors que son procès en appel est fixé du 8 au 10 décembre 2014 à Nîmes.