Le Procès en révision de Christian Iacono

Le procès en révision de Christian Iacono a débuté cette semaine

Lundi 16 mars a vu le premier jour du procès en révision de Christian Iacono dans l’affaire du viol sur son petit-fils, qui a conduit Christian Iacono par deux fois à la prison avant que se condamnation ne soit annulée en 2014.

Suite aux accusations de viols portées par le petit-fils de Christian Iacono à l’encontre de son grand-père, ce dernier fut condamné à neuf ans de prison en 2011 en appel. Ceci après une première condamnation en 2009 pour les mêmes faits. Quelque temps après, le petit-fils de Christian Iacono, Gabriel, se rétractait des accusations qui ont conduit sont grand-père en Prison. Christian Iacono est remis en liberté en 2012, après avoir effectué 16 mois de prison. Sa condamnation est annulé le 18 février 2014.

  • Ce procès en révision, fait rare dans l’histoire de la justice française, doit se tenir jusqu’au 23 mars

christian iaconoCette première semaine a été marqué par le passage à la barre de Gabriel. Le petit-fils de Christian Iacono est à présent âgé de 24 ans alors qu’il en avait 8 ans au moment où il accusait son grand père de viols. Visiblement très ému, Gabriel a commencé par annoncer « Je me présente à vous pour innocenter mon grand-père. Il est absolument innocent ».

Des phrases difficiles à dire ont jalonné son intervention à la barre. « C’est pas facile de dire qu’on est un menteur devant une cour d’assises ». Puis il ajoute « Aujourd’hui, c’est très dur de venir à la barre et de l’avouer ».

L’enfant qu’était Gabriel avait convaincu tous les experts qui l’avait examiné dans les années 2000, ceux-ci notant dans son comportement des signes post traumatiques significatifs. Ses rétractations ont pourtant semé le doute chez les experts psychiatriques. Y compris parmi ceux missionnés après les rétractations.

En 2014, devant la cour de révision, Gabriel Iacono avait demandé pardon à son grand-père. Le procès en révision se continue jusqu’au lundi 23 mars 2015.

La justice accorde 367 551 euros d’indemnités au Dr Muller

La cour d’appel de Nancy vient d’octroyer 367 551 euros d’indemnisation au Dr Muller

Vendredi 20 février 2015, la cour d’appel de Nancy a rendu son verdict. Elle accorde la somme de 367 551 euros au docteur Jean Louis Muller pour les 600 jours d’incarcération qu’il a effectué. Ceci avant d’être reconnu innocent au terme d’un troisième et ultime procès en 2013.

Le docteur Muller demandait, par l’intermédiaire de son avocat Me Eric Dupont-Moretti, une indemnisation à hauteur de deux millions d’euros. Alors que le représentant de l’État proposait de son coté de lui verser 89 000 euros.

  • Un indemnisation jugée décevante par le docteur Muller

Dr Muller

Dr Muller en 2013

L’indemnisation octroyée par la cour d’appel de Nancy se décompose en 74 000 euros de préjudice moral. Puis viennent près de 125 000 euros en guise de pertes de revenus. Finalement arrivent 170 000 euros de préjudice matériel, notamment lié à la perte de son cabinet médical.

Cette indemnisation est jugée très décevante par le Dr Muller. La cour n’a notamment pas versé d’indemnités pour les pertes relatives à la carrière que le docteur ne pourra pas faire. Pour celle-ci, il demandait 1 250 000 euros, le plus gros montant de sa requête.

C’est en 1999 que débute le long combat du Dr Muller, après la découverte du corps de sa femme Brigitte dans la maison familiale, une balle dans la tête. L’enquête qui a eu lieu a notamment mis en évidence le fait que la femme du médecin ne savait pas manier les armes. Ni qu’elle avait de comportement suicidaire. Ni qu’elle avait de poudre sur ses mains, contrairement à son mari.

Ces arguments avaient convaincu les tribunaux de condamner le docteur à 20 ans de prison à deux reprises en 2008 et 2010. Lors d’un troisième procès en 2013, alors que la thèse du suicide paraissait toujours peu vraisemblable, celle du meurtre parue elle aussi incertaine, ce qui conduisit le tribunal à relaxer le médecin.

Le Dr Muller envisage de contester la décision de la cour d’appel de Nancy.

Francis Heaulme, nouvelle erreur judiciaire à Montigny-les-Metz ?

Alors que le procès de Francis Heaulme pour le double meurtre de Montigny-les-Metz s’ouvre, un nouveau témoin s’est manifesté.

En 1986, à Montigny-les-Metz, 2 enfants sont retrouvés morts, assassinés à coup de pierres, à proximité d’une voie ferrée. Pour ce crime, Patrick Dils passera 15 ans prison, avant que son innocence ne soit définitivement reconnue, ce qui constitue à ce jour une des plus grandes erreurs judiciaires française de tous les temps.

Car c’est bien le procès de Francis Heaulme qui s’ouvre ce lundi 31 mars. Celui que l’on surnomme le routard du crime est jugé pour l’assassinat des 2 jeunes garçons, commis il y a bientôt 28 ans.

  • Un homme « petit » et « trapu » vu près du lieu du meurtre qui ne correspond pas à Francis Heaulme

Francis Heaulme, Montigny-les-metz

Francis Heaulme, jugé pour le meurtre de Montigny-les-Metz

Mais voilà que dans cette affaire déjà extraordinaire, survient un nouveau rebondissement. Le témoignage de dernière minute d’un ancien cheminot, qui déclare avoir vu le jour du crime un homme courant avec un T-shirt blanc ensanglanté.

D’après la description de l’agent retraité de la SNCF, cet homme « petit » et « trapu » n’a pas le physique de Francis Heaulme. Au contraire, le témoignage fait penser à Henri Leclaire. Il s’agit de la première personne suspectée dans cette affaire. Puis Henri Leclaire fut écarté avant que l’attention se focalise sur Patrick Dils. Avec la terrible suite que nous connaissons.

Francis Heaulme purge déjà de longues peines de prison pour d’autres crimes atroces. Mais il clame son innocence dans l’assassinat des 2 garçons de Montigny-les-Metz. Ce témoignage soudain arrive donc au bon moment pour étayer ses dires. D’autant qu’Henri Leclaire avait avoué les meurtres à l’époque avant de se rétracter.

Pour l’avocat d’Henri Leclaire, la crédibilité d’un tel témoignage est nulle. Les différents avocats des familles des victimes restent quant à eux dubitatifs. Ils ont laissé paraitre leur lassitude face à des témoignages comme celui-ci.

Francis Heaulme, bien que cela ne change en rien le fait qu’il soit un criminel reconnu, sera-t-il lui aussi victime d’une erreur judiciaire dans le double meurtre de Montigny-les-Metz ? Le procès qui s’ouvre lundi 31 mars, quel qu’en soit l’issue, devra nous persuader du contraire.